il est trop tôt pour tout le monde sur le grande raccordo annulare. elle sait, mais elle demande encore pourquoi je pars. se t'avessi avuta sotto le lenzuola tutta la settimana ora non sarei al lavoro ad ogni modo. on n'a pas fini de dîner hier soir. avec elle on n'a jamais fini grand chose. phrases coupées, nuits hachées, la faute à ses épaules dénudées et ses appels du pied. on s'était promis de dormir et on avait menti, à deux heures, puis à trois. elle a porté ma bouche à son sein et ne cherchait visiblement plus le sommeil mais autre chose. moi en italien je ne sais même pas dire non.

à l’aube les vitres du taxi réfléchissent trop. comme elle. son visage est un miroir. elle ne peut rien cacher dans ces yeux là. elle aimerait bien que le chauffeur se taise, pour pouvoir profiter du silence. il demande pardon et rajoute que si elle avait voulu plus de calme elle ferait mieux de quitter rome elle aussi. elle rit. dehors c'est l'agitation sous la pluie. à fiumicino, elle n'est pas descendue. comme si sortir voulait dire en finir. j'ai pris ma valise et je ne me suis pas retourné tout de suite. quand je l'ai fait, la fiat blanche était déjà repartie, avalée par la pluie. depuis l'avion on reconnaît testaccio qui rétrécit. à travers le hublot j'ai cherché son visage à la fenêtre et sur ma peau l'odeur de la sienne.