pourquoi décrire une journée de rentrée ? tout le monde sait à quoi ressemble une journée de rentrée : pas de mystère, pas d'émotions, pas le moindre tremblement. on recule autant que possible le retour dans le monde formidable des sciences politiques et de la diplomatie. le retour en classe est un engagement. c'est beau de s'engager, pensais-je, quand tout, autour de moi, devenait orageux et provisoire.

depuis la fin des examens, je me suis trouvé devant des journées pleines de préoccupations extraordinairement violentes et vaines. je me suis trouvé devant un bouleversement impressionnant de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas voulu remédier. parce que, si la colère h24 est un enfer, il reste que cet enfer est parfois la meilleure partie de moi. celle qui me fait avancer.

à la terrasse du saint-gervais, diane, qui connait mon amour pour duras autant que pour la sédition, développe sa pensée sur une serviette en papier. quelques lignes improvisées de son écriture assurée mais brouillonne : la violence des garçons désoeuvrés, des adolescents pleins de haine, la violence des mâles, tout en toi la connaît, ne la laisse pas gouverner.