aujourd’hui, obamaday. une telle ferveur aurait été drôle si elle n’était pas si agaçante. aux états-unis, passe encore, mais ici…

j’ai cru à une critique très française subtile et acerbe. à la réincarnation du bel esprit dix-sept,-dix-huitième. j’ai cru à l'humour vif et railleur d'héritiers de villon, de rabelais, de marot, pourtant éduqués à tartuffe et à voltaire, biberonnés à daumier, à beaumarchais, nourris à ubu roi et à hugo, gavés à coluche, à brassens, à desproges, au canard enchainé et aux guignols.

en 1989, public enemy écrit fight the power à la demande de spike lee pour do the right thing. le titre est repris l'année suivante sur l’album fear of a black planet. le morceau ne s'en prend pas seulement au vide médiatique comme dans she watch channel zero?! mais aussi au culte des idoles et aux nouveaux héros nationaux, statufiés sans qu’on interroge jamais ce qu'ils représentent ou ce qu’ils sont vraiment. le refrain we’ve got to fight the powers that be généralise d’ailleurs à toute figure qui incite à l'adhésion plutôt qu’à un examen critique.

il n’y a probablement pas plus actuel vingt ans plus tard. en ce vingt janvier pourtant, c’est l'événement rebirth of a nation à washington au bizz'art paris X : discours du nouveau président retransmis sur écran géant, expo-photo, expo-vente, tshirts, robes et blousons sérigraphiés, concert, bar à tapas... visiblement, brothers gonna work it out !

deux millions d'américains dans les rues de la ville, power to the people. à part ça onze% d'américains ont la peau noire mais quarante% des condamnés à mort. qu’est-ce qu’un président noir peut bien en avoir à faire. how you sell soul to a soulless people who sold their soul. yes they can. c’est apocalypse 91 avec vingt ans de retard : cherchez l’instru. on disait les albums de public enemy old school, cherchez l'intrus.